Dr Kavi’s Diary Être à l’écoute : la bonne intention, la compassion et l’amour sont nécessaires mais pas suffisants

La compassion et l’amour du soignant/thérapeute sont nécessaires mais pas suffisants dans le contexte des clients ou des enfants privés d’un suffisamment bon maternage.

Ceux-ci vont s’édifier des obstacles, comme la résistance, pour contrer la compassion, l’amour et l’attention que le soignant/thérapeute porte pour eux, auxquels ils ne sont pas habitués. Il y a aussi un manque de confiance où il y a une défaillance de l’incapacité de se fier aux autres. En outre, il y a une défiance aux autres quant à leurs blessures narcissiques dues à leur passé pénible entraîné par les défaillances de leur maternage. Le soignant/thérapeute doit d’abord être à l’écoute de pourquoi ces enfants ne sont pas disponibles pour recevoir les soins qu’ils méritent, leurs droits à une bonne santé physique et mentale.

Alors, l’écoute primordiale c’est pour le soignant d’essayer de comprendre chez lui-même, à travers sa propre thérapie personnelle, son propre système de défense, sa méfiance et défaillance dans le contexte de ses blessures narcissiques qui datent de longtemps, même si le soignant a vécu un maternage suffisamment bon. S’il n’est pas disponible à écouter lui-même et s’il trouve difficile ce qu’on lui dispense dans sa thérapie personnelle, alors il serait incapable d’être disponible quant à l’écoute des difficultés de ces enfants. Non seulement doit-il prendre conscience de pourquoi ces enfants rejettent les soins et l’attention qu’il dispense, mais surtout pourquoi ils n’arrivent pas à prendre et digérer ces soins et l’attention. (Sociologues et politiciens doivent prendre conscience de ce phénomène.)

Cette disponibilité de la part du soignant/thérapeute découle d’une grande connaissance de soi-même, c’est-à-dire reconnaître comment le passé joue un rôle déterminant dans le présent. Le soignant doit d’abord apprendre à prendre rendez-vous avec lui-même, c’est-à dire aller à la rencontre des aspects pénibles enfouis au plus profond de lui-même, accompagnés d’un système de défenses et d’angoisse. Ce rendez-vous lui rend disponible à lui-même, qui l’amène à écouter lui-même. En écoutant lui-même, il devient conscient de la façon dont son passé a un impact sur ses actions et réactions dans des situations pénibles et intolérables. Alors cette disponibilité, il peut s’en servir pour se mettre dans la peau des clients par rapport à leurs angoisses et systèmes de défense.

Se mettre dans la peau du client assume temporairement une attitude de disponibilité vers les expériences du client. C’est alors à ce moment fusionnel que le thérapeute s’identifie intérieurement avec ce dernier. Cette rencontre ou communication sponsorisée non verbalement, pénible ou non, aide le thérapeute à dépister sentir et réfléchir sur ce qui pourrait être ressenti par le client. On pourrait dire que se mettre dans la peau du client présuppose que le soignant, en s’identifiant intérieurement aux sentiments du client, est disponible à se mettre dans sa propre peau émotionnelle comme un véhicule de communication silencieux. La disponibilité du thérapeute non seulement agit comme un contenant de ce qui transpire chez le client, mais aussi comme un miroir qui reflète ce dernier. Écouter l’autre à travers soi-même, c’est un outil que le soignant a développé à travers un travail de thérapie personnelle.

À travers sa thérapie personnelle (individuelle ou en groupe), le thérapeute a développé une capacité pour contenir, tolérer et comprendre ce qui était intolérable et frustrant chez lui et dans sa vie, qui a contribué largement à sa disponibilité à faire l’écoute.

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