PRODUIRE DES NORMES ET INTERVENIR DANS LA VIE DES AUTRES: SAVOIRS ET DEMOCRATICE EN TRAVAIL

SEMAINE INTERNATIONALE 2014

Atelier sur 1 jour, lundi après-midi 5 et mardi matin 6 mai

 Les zones de contacts dans le traitement des logiques différentes

Perspectives mauriciennes et suisses croisées de professionnel.le.s du travail social et de l’enseignement à propos de l’école, de l’institution et de la famille

 Pritee Auckloo, Mauritius Institute of Education (MIE), Moka

“The learner in the midst of Home School Community Partnership and Based Learning”

In the context of the Mauritius HES-SO Valais-Wallis link project, a number of students have benefitted from the socio educational experiences at the Mauritius Institute of Education (MIE). As an institution that focuses on teacher education from the pre-primary to the secondary level, it benefits from the interaction and dialogue that involves multiple stakeholders locally and externally. These are of significant importance to students from HES-SO in quest of  a  unique context for socio-educational engagement and learning platform.  For the past two years, the MIE has sought to consolidate these experiences and is now in a position to engage in a more concrete understanding of how these can in turn relate to communities and learning.

This particular workshop in the context of ‘Semaine Internationle 2014’  aims at developing understandings about the MIE and HES-SO Valais-Wallis school link project. It also seeks to  illustrate the mechanisms used to accommodate students from the above said school in particular programmes and projects. More specifically it highlights the Home School Community aspects of the projects and illustrates how learning can be derived from the learning incidences as experienced by students and tutors on board the project. It stresses the learning experiences of students with respect to understanding of the context, implications and  challenges as well as own learning path that is derived from the interaction between stakeholders on campus and beyond. Finally it also draws on some of the practical difficulties encountered as well as some limitations that can help improve further link projects. Altogether this discussion is indicative of how the  social work, intervention and interaction cannot be done in isolation but in more robust dialogue with stakeholders involved.

 

Alain Muneean, Terre de Paix, Albion

Rendre justice au savoir populaire et à celui des praticiens de terrain dans le traitement des logiques différentes

La logique élitiste prime et demeure dominante dans les apprentissages à tous les niveaux. Monté en système d’éducation, elle contribue aujourd’hui encore à l’échec des apprentissages au niveau de l’école. Cette logique agit tant dans la forme (méthodes et approches) que dans le fond (contenu) des sujets d’apprentissages.

Parallèlement au système formel, sous l’impulsion d’une section de la société civile, des alternatives ont pris racine et sont éclairantes à plus d’un titre. Dans un certain nombre de situations et de cas, ces expérimentations, de par leurs résultats concluants,  arrivent même à influer sur les politiques officielles de l’état.

Les étudiants placés se retrouvent au centre de la problématique d’un croisement des savoirs étant mis en lien directe avec à la fois la masse populaire (les beneficiaires directes des services), les praticiens (les organisations) et les académiciens (universités).

Il s’agira donc, d’identifier et de comprendre les différentes sphères des savoirs avant de démontrer d’une part les mécanismes  qui ont mené vers la marginalisation du savoir populaire et de l’autre, la résistance culturelle validant de plus en plus ce même savoir populaire.

Il s’agira dans un deuxième temps, de questionner le positionnement des praticiens et des universitaires et des étudiants en stage dans le collectage des connaissances, de leur préservation /manipulation et de leur dissémination.

 

Barbara Waldis professeure

Barbara Waldis professeure

Barbara Waldis, HETS VS, Sierre

Les zones de contacts dans le traitement des logiques différentes

Dans son article « l’art des zones de contacts », la linguiste Marie Louise Pratts (1991) utilise le terme de « zone de contact » pour parler « d’espaces sociaux où des cultures se rencontre, s’affrontent et luttent les uns avec les autres souvent dans des contextes de rapports de pouvoir très asymétrique comme le colonialisme, l’esclavage ou leurs répercussions vécus dans beaucoup d’endroit de la terre aujourd’hui. » L’auteure utilise le terme pour reconsidérer des modèles de communautés sur lesquelles elle se base dans son enseignement et dans ses recherches. Elle illustre le terme partant de l’exemple de la diffusion inégale de deux manuscrits des temps de la conquête espagnole de l’Amérique latine du 17ème siècle : Celui correspondant mieux aux critères de l’aristocratie espagnol de l’époque est diffusée plus largement que celui comprenant beaucoup d’illustrations fort instructives et un langage métaphorique reposant sur l’interculturel.

L’atelier proposé consiste dans des présentations et des discussions et il part de cette idée de « zone de contact ». Il thématise d’une part les présupposés de l’enseignant.e ou de la travailleuse ou du travailleur social créant par les modes d’apprentissages spécifiques des liens entre familles et écoles. Il thématise d’autre part les présupposés et nécessités spécifiques ainsi que les modèles d’apprentissages divergents entre les institutions sociales à Maurice et en Suisse. Ces deux contextes spécifiques permettront une comparaison du traitement d’une différence de logiques contextuelles, tant individuel qu’institutionnel. Cette démarche permet de réfléchir aux conditions d’apprentissage et à comment composer avec des malentendus.

 

Pritee Aukloo - MIE, Alain Muneean, Barbara Waldis HESSO

Pritee Aukloo – MIE, Alain Muneean, Barbara Waldis HESSO

Présentations des stagiaires de la HETS VS (CH) à Maurice en 2013

En 2013, Priscilla Pequinot, Aurélie Vannay et Yan Cordelier de la HES-SO VS ont fait leur stage à l‘île Maurice. Ils ont été accompagnés à Maurice par Alain Muneen, directeur de la fondation Terre de Paix (TdP) et par Pritee Auckloo, lecturer à la Mauritius Institute of Education (MIE). En Suisse, Fabien Moulin, HETS VS formateur practicien et Barbara Waldis, responsable pour les stages à Maurice ont encadré les étudiants.

 Priscilla Pequingnot – Projet à terre de Paix, Albion, Maurice

Priscilla Béguignot a travaillé avec des enfants. Après une première phase du stage elle a approfondi les relations avec les enfants et a mis sur pied des activités sportives, non pas dans la cour du foyer, mais dans des lieux professionnels de sport, c’est-à-dire dans le stade d’athlétisme disposant d’un équipement approprié. Le lieu d’apprentissage le plus exemplaire, par rapport auquel Priscilla a réfléchi les rapports de forces tels qu’ils se présentent dans une zone de contact a été l’échange avec les enfants, par lequel elle en fait s’est intégré. Ce sont les enfants qui ont enseigné la langue créole à Priscilla. Son intégration dans ce groupe d’enfant se passait par un renversement des rapports de forces dans cette zone de contact quotidienne. Ce n’est pas la stagiaire enseignante, mais ce sont les enfants enseignants. Autant Priscilla que les enfants ont pu construire les périodes d’activités sportives sur la base de cette prise de conscience d’un apprentissage mutuel.

 Yan Cordelier – Projet à Terre de Paix, Albion, Maurice

Yan Cordelier a travaillé avec des adolescents en difficultés (dépendances, la situation familiale, comportement). Durant son stage, Yan a montré une facilité mais également une capacité de composer avec ces jeunes gens, il a par ailleurs mis sur pied des activités avec eux. Le lieu d’apprentissage le plus surprenant pour Yan était le moment, la séance, durant laquelle il a pu expliquer à ces collègues de Terre de Paix, les fondements professionnels de sa façon de faire avec les jeunes gens. Cette situation de renversement découvrant les rapports de forces entre stagiaire et formateurs dans des liens constitue une zone de contact traversé par beaucoup d’autres tensions (Nord-Sud, hommes-femmes etc.). C’était également une situation d’apprentissage parce que Yan a pu expérimenter qu’il avait, en tant que stagiaire, un savoir spécifique et valable à partager avec ses collègues et supérieurs au travail. Sur la base de cette expérience valorisante Yan a pu conscientiser son savoir-faire et asseoir de façon plus solide et plus explicite son savoir être avec les jeunes gens.

 Aurélie Vannay, SOS Femmes, Solitude, Maurice

L’association, dans laquelle Aurélie Vannay a travaillé, accueille des femmes victimes de violences domestiques. Aurélie a dû assumer le rôle d’une professionnelle dans le quotidien de ce foyer sans avoir à disposition toujours une praticienne formatrice telle que ça serait idéalement le cas pour un stage. Elle a été confrontée à des façons de faire basées sur un savoir pratique coutumier plutôt qu’un savoir appris durant une formation en travail social. Les collègues de travail demandaient souvent à Aurélie de comparer les pratiques à Maurice et en Suisse. Le lieu d’apprentissage le plus important se situait pour Aurélie donc au niveau de la gestion de la relation avec ses collègues et ses supérieurs. Les rapports de forces dans cette zone de contact signifiaient pour Aurélie que ses collègues lui attribuaient un rôle d’experte et de juge. L’apprentissage la plus important se situait pour Aurélie de constamment refuser ce rôle pour ne pas être figé et immobilisée dans une relation à double contrainte. Son récit durant l’atelier témoignait de façon convaincante de sa capacité de le faire.

 Résumé

Les apprentissages des stagiaires discutés durant l’atelier illustraient la complémentarité des axes proposés par Pritee Auckloo, Barbara Waldis et Alain Muneean : Le concept du lieu d’apprentissage permet d’identifier ce que les stagiaires ont appris. Le concept de zone de contact permet une analyse de la situation d’apprentissage par la conscientisation des rapports de forces et leur renversement. Le concept du savoir populaire amène une posture basée sur la dignité et le respect pour tous, la condition de base – ou du moins un facilitateur – pour un apprentissage mutuel.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

CAPTCHA
Reload the CAPTCHA codeSpeak the CAPTCHA code